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Apprendre à désapprendre : Ce que le développement web m’enseigne sur la résolution de problèmes

janvier 10, 2026 · Gautier
3 mins

Quand on imagine un développeur chez Pixevent, on visualise souvent des lignes de code matrixiennes et des claviers mécaniques. C’est la partie visible de l’iceberg. En réalité, 80% de notre métier ne consiste pas à « pisser du code », mais à résoudre des problèmes. Et après des années de pratique, j’ai réalisé que la compétence la plus cruciale n’est pas d’apprendre de nouveaux langages, mais d’accepter de désapprendre nos certitudes.

1. L’illusion du plan parfait (et la réalité du terrain)

Au début de ma carrière, je passais des heures à concevoir l’architecture « parfaite » avant d’écrire la moindre ligne. C’était rassurant. C’était aussi une erreur monumentale. Le développement m’a appris que le « plan » ne résiste jamais au contact de la réalité du projet.

Désapprendre la rigidité du modèle « Waterfall » (cascade) pour embrasser la flexibilité de l’Agile a été une révélation. Aujourd’hui, face à un problème complexe, je n’essaie plus de tout prévoir. J’accepte l’incertitude, je construis un prototype rapide (« Fail Fast »), j’apprends de l’échec et j’itère. C’est une leçon qui dépasse largement le cadre de l’informatique.

2. Le debugging comme philosophie de vie

Rien n’est plus frustrant qu’un bug qui résiste. Le réflexe naturel est de s’acharner, de tester des solutions au hasard, ou de blâmer la machine. Le développement m’a forcé à désapprendre cette impatience.

Le debugging est une méthode scientifique appliquée :

  • Isoler les variables.
  • Émettre une hypothèse.
  • La tester sans a priori.
  • Ne jamais supposer (« Never Assume »).

Cette rigueur mentale est incroyablement puissante pour résoudre des conflits d’équipe ou des problèmes business. Si ça ne marche pas, n’accusez pas ; isolez le problème.

« Le véritable expert n’est pas celui qui a toutes les réponses, c’est celui qui sait poser les bonnes questions pour débloquer la situation. »

3. L’art du « Suffisamment Bon » contre le perfectionnisme

C’est le piège ultime du développeur passionné : l’optimisation prématurée. Vouloir que le code soit le plus élégant, le plus performant possible, même si cela retarde le lancement de trois mois.

J’ai dû apprendre à désapprendre mon perfectionnisme technique pour me concentrer sur la valeur utilisateur. Un produit imparfait qui est en ligne aujourd’hui vaut infiniment plus qu’un produit parfait qui reste sur un serveur de développement. Chez Pixevent, la rapidité (« Swift ») ne signifie pas bâcler, mais savoir arbitrer entre la qualité technique et la nécessité business de livrer.

Conclusion : Le code change, le mindset reste

Les frameworks que j’utilisais il y a cinq ans sont obsolètes. Ceux que j’utilise aujourd’hui le seront dans cinq ans. Mais cette capacité à s’adapter, à remettre en question ses propres modèles mentaux et à décomposer la complexité, c’est ce qui définit un véritable partenaire technologique.


Sources & Inspiration