Il y a des expériences qu’on raconte longtemps après les avoir vécues. Pour moi, le Canada est de celles-là. Ce n’est pas une anecdote de CV — c’est une séquence de vie qui s’est étalée sur plusieurs années, entre Montréal et Vancouver, avec des allers-retours qui ressemblent moins à une hésitation qu’à une vraie histoire d’amour avec ce pays.
Montréal : une ville qu’on quitte et qu’on retrouve
Tout commence en 2013. Je débarque à Montréal pour un D.E.S.S. en affaires électroniques à HEC — l’une des meilleures business schools francophones d’Amérique du Nord. Premier choc : ici, le travail est une pratique, pas une théorie. Les cours s’ancrent dans des cas réels, les professeurs ont tous un pied en entreprise, les étudiants viennent du monde entier.
Montréal me retient. Après le diplôme, je reviens en 2016 comme conseiller web à HEC — cette fois pour superviser, créer, faire évoluer des sites WordPress, coordonner des projets complexes, toucher à la cybersécurité. C’est une école de rigueur et de priorisation que nulle formation n’aurait pu m’offrir autrement.
Montréal t’apprend que la francophonie peut être ambitieuse, internationale et décontractée à la fois. C’est une ville qui réconcilie des choses qu’on oppose trop souvent en France.
Vancouver : l’autonomie à grande vitesse
En 2018, après quelque temps à Montréal (et un petit retour à Paris), je traverse le pays pour rejoindre Vancouver. Autre ville, autre univers : côte Pacifique, entre océan et montagnes, une métropole cosmopolite où l’anglais est la langue du travail et l’ambition, la norme. C’est CBRE qui m’accueille — gestion de projets web de A à Z, plateformes immobilières, SEO avancé, sécurité. Une mission exigeante dans une entreprise internationale où l’on est attendu sur ses résultats, pas sur ses apparences.
La culture nord-américaine du travail prend ici tout son sens. Pas de micro-management. Une confiance accordée dès le premier jour, à charge de la mériter. Si quelque chose cassait à 23h, c’était ma responsabilité d’agir. Exigeant — et terriblement formateur.
C’est à Vancouver que le mot « ownership » a pris un sens concret pour moi — avant d’en faire le cœur de mon identité professionnelle en tant que Product Owner.
Ce que ces années m’ont laissé
Entre Montréal et Vancouver, le Canada m’a offert ce qu’on ne trouve pas facilement en restant chez soi : une vraie exposition à l’international, une culture du résultat sans complexe, un rapport différent à l’espace et au temps — et surtout, une confiance en soi qui ne vient que quand on a dû se débrouiller loin de tout ce qu’on connaît.
Si vous hésitez à sauter le pas d’une expérience à l’étranger : allez-y. Le pire qui puisse arriver, c’est que vous reveniez changé. Et c’est exactement ce qu’il faut.
On ne revient jamais vraiment de Vancouver. Une partie de soi y reste — celle qui avait besoin d’être bousculée pour grandir.