Vous avez déjà migré un WordPress à la main ? BDD exportée, fichiers zippés, config rééditée ligne par ligne ? Alors vous savez : c’est le genre d’opération qui transforme un café en carburant de survie. Et cette semaine, c’était mon tour.
Le processus (ou : comment ne pas perdre la tête ni les données)
La migration « old school », c’est simple en théorie. En pratique, c’est un peu comme déménager un aquarium sans perdre les poissons.
Voici les étapes du jour :
- Export de la base de données via phpMyAdmin (ou WP-CLI si vous aimez vous la raconter)
- Récupération des fichiers via FTP, wp-content en priorité
- Création de l’environnement cible : nouvelle BDD, nouveaux identifiants
- Import SQL, mise à jour des URLs avec Search & Replace DB
- Mise à jour du wp-config.php
- Vérification des permaliens, des plugins, des médias manquants
- Café. Obligatoire.
Et là, l’IA entre en scène. J’ai utilisé Claude pour générer rapidement le script Search & Replace, pour debugger un message d’erreur obscur sur les tables wp_options, et pour rédiger la checklist post-migration. Gain de temps réel, pas de doute.
Mais voilà le truc : l’IA m’a sorti une requête SQL très propre… sur une version de MySQL que le serveur cible n’avait pas. Résultat : erreur, retour au terminal, adaptation manuelle. Sans expérience, vous ne savez même pas pourquoi ça plante.
L’IA est un outil, pas un remplaçant (nuance importante)
On entend partout « l’IA va tuer les métiers du web ». Honnêtement ? Non. Pas comme ça.
Ce que l’IA fait très bien : accélérer les tâches répétitives, suggérer du code, documenter, expliquer une erreur en langage humain. C’est un assistant costaud, disponible 24h/24, qui ne prend pas de pauses café (contrairement à moi).
Ce qu’elle ne fait pas : sentir que le serveur de destination tourne sur une config vieille de 5 ans, comprendre le contexte métier du client, savoir que ce site e-commerce ne peut pas avoir 3 heures de downtime un vendredi soir.
Le vrai danger, ce n’est pas l’IA. C’est de croire qu’on peut s’en servir sans background technique. L’outil amplifie ce que vous savez déjà. Si vous savez peu, il amplifie peu. Si vous avez de l’expérience, là il devient vraiment puissant.
Les métiers changent, ils ne disparaissent pas
Le consultant WordPress de 2025 ne fait plus exactement la même chose qu’en 2018. Et c’est bien normal.
Avant : on cherchait la doc pendant 20 minutes, on copiait-collait du Stack Overflow, on testait en local.
Aujourd’hui : on demande à l’IA, on obtient une base en 30 secondes, on adapte avec l’expérience, on déploie.
La valeur ajoutée s’est déplacée. Elle n’est plus dans « savoir faire la manip » mais dans « savoir pourquoi ça marche, et pourquoi ça peut planter ». Ce n’est pas une mauvaise nouvelle. C’est une invitation à monter en compétences, à comprendre les fondamentaux plutôt que de juste exécuter des recettes.
La migration d’aujourd’hui m’a rappelé une chose : l’IA tient la lampe torche. Mais c’est vous qui savez où sont les fils électriques.
En résumé
Alors oui, utilisez l’IA. Intégrez-la dans votre workflow, gagnez du temps, réduisez la friction. Mais continuez à pratiquer, à vous salir les mains dans le terminal, à comprendre ce qui se passe sous le capot. C’est ça la vraie valeur ajoutée en 2025 : l’expérience augmentée par les outils, pas remplacée par eux. 🔧