Dimanche. Je suis dans un train. Pas de sujet sérieux aujourd’hui, juste moi, mon ordi, et une baie vitrée qui défile trop vite pour que je fixe un point.
Je m’ennuie. Alors je bosse. Enfin, j’essaie.
Le WiFi SNCF, cette légende urbaine
Il existe, paraît-il, un WiFi dans certains trains. Je l’ai vu une fois. C’était en 2019. Depuis, je fais avec le partage de connexion de mon téléphone, comme tout le monde qui a compris le game.
Sauf que le partage de connexion en France, dans un TGV lancé à 300 à l’heure, c’est un jeu de hasard. Tunnel. Coupure. Zone rurale entre deux villes. Coupure. Antenne relais qui décide de faire une pause. Coupure.
Résultat : je bosse par paliers de trois minutes. Genre un plongeur en apnée qui remonte respirer entre deux tentatives.
Ma technique du commit qui sauve la mise
J’ai fini par trouver un rythme. Trois tâches par cycle de connexion, pas une de plus.
Un : je push mon commit. Toujours en premier. Parce que si la connexion saute pendant le push, c’est le drame, et je le sais d’expérience.
Deux : je réponds à l’email urgent, celui qui traîne depuis la veille et qui va bien finir par m’énerver si je le laisse.
Trois : je vérifie si le wagon-bar a encore des Coca Zero. Info capitale, parce que si la réponse est non, c’est le trajet qui bascule en mode survie.
Et hop, la connexion repart en carafe. Je referme le laptop, je regarde par la fenêtre, je bois mon Coca Zero tiède parce que le café du wagon-bar coûte le prix d’un abonnement mensuel à peu près tout.
L’écran de veille du contrôleur
Il y a ce moment absurde où le contrôleur passe, tu dois sortir ton billet, et t’as trente secondes de flottement pendant lesquelles ton cerveau redémarre complètement.
Tu reviens sur ton clavier, tu as oublié ce que tu faisais. Vraiment oublié. Comme un split brain temporaire. Le fameux « où j’en étais déjà » du travailleur nomade.
Ce que ça m’a appris sur ma propre organisation
Paradoxalement, ces coupures m’ont rendu plus efficace. Pas dans le train, hein. Dans la vraie vie, au bureau à la maison, avec du WiFi stable et pas de contrôleur.
Parce que forcer trois tâches précises dans une fenêtre de trois minutes, ça m’a appris à prioriser vite. Avant, je papillonnais entre douze onglets ouverts. Maintenant, même avec du WiFi qui marche, je garde ce réflexe. Trois trucs, dans l’ordre, et basta.
C’est un peu comme le multi-site WordPress, en fait. Tu gères 180 sites, tu peux pas tout regarder en même temps sinon tu deviens fou. Faut trier, prioriser, savoir ce qui peut attendre demain.
Le vrai problème, c’est l’ennui
Bon, je vais être honnête. Le vrai déclencheur de cet article, c’est pas la productivité. C’est l’ennui pur. Un trajet Paris-Lyon, ça fait deux heures. Deux heures où t’as le choix entre regarder le paysage, dormir, ou faire semblant d’être productif pour tromper le temps.
Je choisis souvent la troisième option. Pas parce que je suis un bourreau du travail. Parce que fixer un champ de betteraves pendant deux heures, à un moment, ça devient difficile émotionnellement.
Bref, dimanche
Voilà. Pas de grande leçon aujourd’hui. Juste un mec dans un train, qui push des commits entre deux coupures WiFi, et qui trouve ça presque drôle maintenant.
La prochaine fois que votre connexion mobile vous lâche en pleine réunion Teams improvisée depuis un wagon, dites-vous que quelque part, je suis probablement en train de vivre exactement la même galère, avec un peu moins de patience et un peu plus de Coca Zero.